Tattoos

Interview Captain Chaos

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J’ai découvert le tatoueur Captain Chaos, il y’a quelques années et j’ai toujours aimé son art, et la passion qu’il met dans son travail.

C’est donc sans surprise que j’ai découvert une personne d’une très grande gentillesse. Il s’est laissé prendre au jeu de l’interview.

Je vous laisse lire son histoire, c’est un peu plus long que mes posts habituels, mais je pense que ça vaut vraiment la peine, de connaitre le parcours d’une personne comme lui, qui n’a pas eu peur de tout quitter pour arriver à ses fins! Une bonne leçon sur l’ambition! 🙂

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Une idée de l’esprit de Captain Chaos

1-Captain Chaos tu es tatoueur, qu’est-ce qui t’a poussé à aller dans cette voie?

Et bien entre autres oui, ça fait encore peu de temps que je tatoue (ça fera 2 ans en octobre), c’est nouveau pour moi donc j’ai encore du mal à mettre un titre sur tout ça, je suis issu de l’illustration et du graphisme que j’ai exercé pendant longtemps, je me suis un peu perdu dans mon univers professionnel, j’ai eu un besoin de redessiner, de retrouver le papier, la peinture, et laisser exprimer ma créativité plutôt qu’exécuter des commandes.

J’ai toujours eu un attrait particulier pour le tatouage, à force de me faire piquer à droite à gauche j’ai fini par demander des conseils à un pote qui a réalisé pas mal de pièces sur moi, je l’ai aussi beaucoup regardé bosser sur moi.

Alors assez tardivement, un peu poussé par des potes qui pensaient que j’allais faire de trucs cool direct j’ai testé de poser quelques créas sur de la peau humaine, ce n’était pas joli joli, mais ça m’a bien plut comme approche, j’ai vu ça comme un médium intéressant.

Je n’ai malheureusement pas accordé assez de temps et de sérieux à tout ça avant de trouver un vrai apprentissage en 2013.

2-Peux-tu m’en dire plus sur ton parcours? 

J’ai commencé par un diplôme de dessinateur en communication graphique, un bref passage à l’école de Condé à Lyon aussi, on a toujours été un peu fâchés avec l’école, je n’ai pas vraiment brillé dans ce domaine haha.

J’ai ensuite continué de bosser des illustrations et des projets graphiques en indépendant pour des assos, des petites sociétés…

En parallèle, je co-gérait un shop de fringues en ligne qu’on à fini par liquider quelques années plus tard, puis j’ai continué à faire survivre une petite marque de sapes que j’avais crée, j’avais un atelier d’impression textile, c’était sympa, mais pas suffisant pour vivre… pas mal de projets qui me coutaient plus qu’ils me rapportaient.

Je suis plus ou moins toujours resté dans la création et le dessin que je pratique depuis gamin, à bricoler à droite à gauche, et puis cette idée du tatouage qui me trottais dans la tête, je te la fais courte, mais grosse remise en question, j’ai un peu tout plaqué, départ pour Los Angeles en 2013 à 30 ans dans l’idée de trouver un shop qui m’apprendrait peut être les bases du tattoo.

Après avoir poussé quelques portes avec mon book et mon anglais “broken as fuck”, des refus relativement courtois pour des raisons valables: pas de visa, pas de place pour un apprenti…

J’ai finalement rencontré Rocky Darkroads chez Golden Daggers qui a voulu me donner une chance de voir si j’étais motivé, il m’a proposé de venir aider 3j/semaine au shop sur Melrose.

Je suis passé par tous les aspects de l’apprentissage et j’en suis très content, le ménage du shop, qui à évolué sur la stérilisation du matos, la préparation des stations, l’accueil client, la gestion des stocks, le matos…pour finalement aboutir sur la préparation des clients, la pose des carbones…

Je me suis toujours tenu au programme, je suis devenu officiellement “l’apprenti du shop” j’aidais tout le staff du mieux que je pouvais, et j’ai toujours été récompensé en conseils et démonstrations, ils m’ont vraiment tous aidé et soutenu.

Au bout de 8 mois, j’ai eu le droit de toucher une machine et faire une petite pièce, un stress de fou, bien encadré par les gars.

J’ai respecté le deal, j’étais là, sérieux, motivé, ils l’ont respecté aussi à me laisser piquer dans le délais convenus, on est devenus vraiment proches et j’ai commencé à réaliser quelques petites pièces sur des potes de passage ou habitués du shop.

On m’a proposé une station à mi-temps, mais malheureusement des complications administratives ont décidé pour moi que je devais revenir en France quelque temps (here we are).

3-Pourquoi les États-Unis?

J’ai eu l’opportunité de bouger une première fois en Californie pendant 1 mois pour voyager et voir un peu comment ça se passait là-bas, dès mon retour j’ai uniquement pensé à y retourner, j’avais quelques contacts sur place, je me suis rendu compte que c’était possible de partir quelque temps et s’installer un peu, alors j’ai taffé à mort pour mettre quelques sous de côté et j’ai tenté l’aventure.

Complètement fatigué de la France j’avais besoin de changer d’air, me confronter à quelque chose de nouveau, de plus stimulant surtout. J’avais vraiment accroché sur Los Angeles en l’ayant vécu comme un local et pas trop comme un touriste.

Ça a été une expérience vraiment énorme pour moi, ça a changé pas mal de choses, ça m’a fait beaucoup évoluer autant personnellement que professionnellement.

4-Que penses tu de toute cette frénésie qui tourne autour du tatouage en France?

Je fais partie de cette nouvelle génération de tatoueurs qui sont passés à 2 doigts du mur, ceux qui sont en train de chercher à apprendre le tattoo en ce moment, en plein boom, en pleine mode et qui se font refouler de partout parce que c’est archi saturé.

J’ai eu une chance énorme de trouver aux US, j’ai quitté la France en 2013 pile pendant l’arrivée en déferlante des émissions comme Ink Master, je ne pensais pas retrouver le pays à feu et à sang en rentrant en 2015 haha. Non, mais sérieusement je n’en sais rien, c’est bizarre, je ne prends pas tellement parti sur le sujet, je ne peux pas me le permettre parce que je suis arrivé là comme une fleur (ou cheveu sur la soupe pour ceux qui n’ont pas la main verte).

J’ai été pas mal tatoué et aussi formé par des “traditionalistes” j’aime le côté tattoo collector, flashs, rencontres, donc forcément le truc à bien changé depuis quelques années, je trouve ça un peu “too much” à mon gout, ça me fait un peu peur, ça s’essoufflera naturellement, je n’en fais pas mon cheval de bataille, je suis jeune dans le truc, j’essaye de faire ma potion dans mon coin, connecter avec des gens biens, qui bossent avec passion, de façon positive, loin des clichés que le tattoo à l’air de véhiculer en ce moment.

Je fais quelques conventions ou déplacements sur des coups de coeur, pour voir des gens que j’aime ou pour avoir la chance de travailler avec des clients qui sont parfois loin.

Finalement j’ai l’impression de rester assez extérieur au truc et j’aimerais le rester.

5-Trouves-tu qu’il y’a une différence entre la mentalité des tatoueurs en France et à l’Étranger? Quelle est-elle?

Encore une fois c’est compliqué, de voir à quel point tu peux tomber dans le côté super star aux US, mais en même temps être super accessible, c’est le pays de toutes les contradictions…

J’ai eu l’occasion de croiser et échanger un peu avec des noms énormes sans pour autant me prendre la tête, je crois qu’en Californie particulièrement les gens sont plus ouverts, ils restent vachement enthousiastes en général je trouve, curieux, peut être moins compétiteurs aussi.

J’ai eu l’occasion d’aller en convention avec des pointures à San Francisco par exemple, il n’y avait pas forcément de prix à gagner ou quoi, les mecs bossaient, et prenaient le temps avec les visiteurs, c’était chill, j’aimais bien cette ambiance.

Alors une différence je sais pas, la mentalité je ne la connais pas trop, c’est l’âge d’or en France, ça crée des égos assez énormes, ça me parle pas tellement.

Il y a de très bonnes mentalités en France comme aux US, c’est aussi valable pour les cons.

Je rencontre des gens géniaux régulièrement, des gens possédés, habités par leur truc, c’est ce genre de personnes que j’aime et ça, il y en a surement dans tous les pays.

6-Tu as aussi un paquet de goodies, qu’est ce qui t’a poussé à aller plus loin que le simple fait de tatouer?

Oui en effet j’ai un paquet de trucs “à côté”, mais les prints, goodies, tshirts… c’était avant de tatouer en fait, j’ai lancé une boutique Etsy pour vendre des prints en 2013 en arrivant aux US, dans l’idée d’essayer de faire rentrer quelques sous pour m’aider financièrement dans cette aventure.

Il se trouve que le truc à vite pris, les gens ont justement été super enthousiastes avec mes produits, on m’a proposé des collabs vraiment cool, des salons pour présenter mes créations, j’ai même désigné une montre pour une marque de NYC qui organisait un genre de concours à Las Vegas, une suite de coups de chance, mon compte instagram s’est un peu affolé et j’ai réussi à créer une petite communauté qui suit mon boulot et achète mes goodies.

J’adore bosser sur ce genre de produits, partager mon temps entre ça et le tattoo, me faire des journées “atelier”.

La boutique fonctionne vraiment pas mal, je ne veux surtout pas la lâcher même si je manque de temps parfois, ça me permet de bosser où que je sois et ça c’est un luxe énorme.

7-Peux tu me parler de ton style, sacrément dark/sacrément cool?

Merci du compliment, ben je ne sais pas, le couplet chiant de l’artiste torturé? Haha.

J’ai toujours été attiré par les univers sombres, étranges, tristes, les références occultes, la symbolique, l’art religieux…etc je suis justement en train de passer un palier dans ce style, je me cherche encore pas mal, je teste des choses, j’ai envie que chaque créa soit liée à une référence qu’elle soit artistique, mythologique, littéraire.

Ca sonne peut-être un peu branlette intellectuelle, mais j’aime beaucoup lier une histoire à chaque design, que ce soit pour une illustration ou un tattoo, j’aime bien qu’on me donne des éléments, des idées personnelles, et concevoir le truc comme un logo avec des messages plus ou moins identifiables.

J’appelle ça Dark Trad parce que j’aime les lignes épaisses du trad, les visuels avec beaucoup d’impact, sans vraiment faire du trad non plus, j’aime mixer mes influences, et ça donne ça.

8-As-tu une attirance pour la spiritualité? ( Arcanes, symboles..) ou en tout cas qu’est-ce qui te pousse à aller sur ce chemin?

Oui aussi comme je disais, l”art religieux, la symbolique, l’occultisme… j’aime bien me documenter sur ces sujets, j’aime les images, le travail graphique lié à ces domaines, j’aime surtout jouer avec les symboles, quitte à créer des choses incohérentes.

J’ai eu pas mal de coups de chance et je m’en remets souvent au karma, le spirituel prend une part assez importante dans mon taff sans que je le cherche vraiment, mais je rester persuadé que réaliser un tattoo sur quelqu’un doit être un moment important autant pour lui que pour moi, je sacralise peut être un peu trop l’acte je sais pas, mais je trouve ça tellement fou de me dire que je vais laisser une trace indélébile sur quelqu’un, alors oui inévitablement ça s’inscrit dans un cheminement spirituel.

9-Quels sont tes projets? Continuer à Lyon? Partir pour de nouvelles aventures?

Pour l’année en cours, je suis à Lyon oui, j’ai été bien accueilli chez Smolll Tattoo dans le 7e, j’y suis la plupart du temps même si je m’accorde régulièrement des escapades, quelques guest ou conventions. Alors à l’instant même je ne sais pas encore vraiment ce qui va se passer, cet automne je retourne faire un tour aux US, je reviendrais passer l’hiver en France, mais le plan c’est de partir au printemps prochain m’installer un moment au Canada et puis peut être embrayer sur les US encore… rien de calé, mais c’est l’idée 😉

10-Quel artiste t’a donné envie de devenir tatoueur? 

Même si ça ne se sent pas du tout, je crois, j’ai été principalement influencé par des mecs comme Paul Dobleman et tout le boulot du crew Spider Murphy en général, les mecs de Smith Street aussi particulièrement Dan Santoro et Steve Boltz, James Mc Kenna, les artworks de Mike Giant ou Tom Gilmour, disons que c’est les premiers trucs que j’ai découvert dans le tattoo / artwork, depuis je découvre énormément de nouveaux noms qui m’inspirent grâce aux réseaux sociaux c’est génial (ou déprimant de voir des trucs avec un niveau de fou haha).

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